Discrimination double chambre, tachycardie auriculaire, Apparition/Stabilité

Patient

Cet homme de 76 ans s'est vu implanter un défibrillateur triple chambre Cognis en prévention primaire, dans le contexte d'une cardiomyopathie ischémique avec un complexe QRS large. Il a été vu pour une visite de suivi de routine.

Résumé

Épisode diagnostiqué dans la zone de TV avec fréquence auriculaire = fréquence ventriculaire ; le discriminateur programmé était Apparition/Stabilité.

 



Tracé

Tracé

  1. rythme ventriculaire rapide avec un rapport A:V de 1:1, à la limite de la zone TV (marqueur RVS) ;
  2. légère accélération du rythme dans la zone TV (limite de la zone TV = 375 ms) ;
  3. 8 critères sur 10 ont été remplis. L'analyse du début de l'arythmie était en faveur d'une tachycardie sinusale (Gradl : début progressif) ;
  4. à la fin de la durée, le rythme était considéré comme stable (tachycardie sinusale probable). Par conséquent, aucune thérapie n'a été administrée ;
  5. poursuite de l'analyse de la stabilité cycle par cycle ; le rythme est resté stable et les thérapies ont été inhibées.

Commentaires

Cet épisode a été diagnostiqué comme une tachycardie sinusale parce que le rythme était stable avec un début progressif ; par conséquent, les thérapies ont été inhibées. Il s'agissait en fait d'un épisode de tachycardie auriculaire soutenue avec une conduction AV 1:1. La fréquence de la tachycardie oscille autour de la limite inférieure de la zone de tachycardie ventriculaire, ce qui explique l'interprétation graduelle du début de la tachycardie. La fréquence ventriculaire varie très peu, mais oscille entre la zone sinusale et la zone TV. Le rythme de ce patient a évolué dans un premier temps de 60 bpm (rythme de repos) à 165 bpm. La fréquence de la tachycardie s'est progressivement accélérée pour atteindre la zone de tachycardie ventriculaire. L'appareil n'a pas diagnostiqué l'apparition soudaine de la tachycardie. Fortuitement, l'apparition soudaine non reconnue a épargné au patient l'administration de thérapies inappropriées. La tachycardie auriculaire 1:1 n'a en effet été discriminée avec précision ni par la relation V>A (dans une tachycardie auriculaire 1:1, comme dans une TV avec conduction rétrograde 1 :1, la fréquence auriculaire est la même que la fréquence ventriculaire), ni par la soudaineté du début (le début d'une tachycardie auriculaire, comme celui d'une TV, est le plus souvent progressif), ni par la stabilité (comme pour la TV, la fréquence ventriculaire d'une tachycardie auriculaire est le plus souvent stable).

Chez ce patient, a) la zone TV pourrait être relevée pour éviter un chevauchement entre la zone de diagnostic et les zones de la tachycardie atriale clinique, ou b) une discrimination basée sur l'ID du rythme pourrait être privilégiée.

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