Homme de 71 ans implanté avec un appareil à double chambre BiotronikTM stimulateur cardiaque pour dysfonctionnement sinusal symptomatique avec intervalle PR prolongé ; programmation en mode DDD à 60 bpm ; 6 mois après l'implantation, stimulation ventriculaire à 100% et stimulation auriculaire à 85% ; pendant le contrôle de suivi du dispositif, programmation des différents modes de stimulation et enregistrement des tracés ; ce premier tracé correspond au mode programmé (DDD 60 bpm).
Sur ce tracé et les suivants, les trois premières lignes correspondent aux dérivations I, II et III de l'ECG, les quatrième et cinquième lignes aux EGM auriculaires et aux EGM ventriculaires, respectivement ;
Le principe de base du mode DDD est de synchroniser la stimulation ventriculaire avec la détection auriculaire (fonction déclenchée) ou la stimulation auriculaire. Une activité auriculaire ou ventriculaire spontanée détectée en dehors de la période réfractaire inhibe respectivement la stimulation auriculaire ou ventriculaire (fonction inhibée). Ce mode permet donc de préserver la synchronisation auriculo-ventriculaire (AV) pour des fréquences sinusales faibles jusqu'à des fréquences élevées (limite maximale de la fréquence de suivi). La programmation du mode DDD semble donc satisfaisante chez ce patient. Cependant, le suivi a mis en évidence une stimulation ventriculaire permanente, ce qui pourrait correspondre à un fonctionnement jugé normal et approprié. Néanmoins, ce patient présente une conduction AV préservée malgré un intervalle PR prolongé. L'une des priorités de la programmation d'un stimulateur cardiaque est d'éviter toute stimulation ventriculaire droite inutile. Cela permet d'éviter une décharge excessive de la batterie, de prolonger la durée de vie du dispositif et surtout d'éviter la stimulation ventriculaire droite qui est associée à des effets à court, moyen et long terme ainsi qu'à des effets néfastes sur le remodelage ventriculaire et sur la survenue d'arythmies auriculaires. En effet, la stimulation ventriculaire droite induit une séquence d'activation et de relaxation interventriculaire et intraventriculaire asynchrone. Un pourcentage élevé de stimulation ventriculaire chez un patient dont la conduction AV est préservée doit alerter le médecin au moment de l'interrogatoire et soulever la possibilité d'utiliser des algorithmes spécifiques favorisant la conduction spontanée.