Alerte à l'arythmie auriculaire : épisode classé de surveillance auriculaire

Patient

Cet homme de 67 ans a reçu un défibrillateur Lumax 540 HF-T triple chambre en prévention primaire, dans un contexte de cardiomyopathie dilatée avec une fraction d'éjection ventriculaire gauche de 25% et un bloc auriculo-ventriculaire complet. Il a été suivi par télécardiologie et, quelques mois après l'implantation de l'appareil, un message d'alerte a été délivré.



Tracé

Rapport sur la télémédecine

Message d'alerte (état jaune) pour un épisode classé de surveillance auriculaire.

Ce rapport montre que le patient a développé plusieurs épisodes de fibrillation auriculaire (augmentation de la charge d'arythmie dans les premières 24 heures) avec le changement de mode. La fréquence ventriculaire est restée contrôlée chez ce patient présentant un bloc auriculo-ventriculaire complet. Le pourcentage de stimulation biventriculaire est donc resté proche de 100%. L'épisode a duré plus de 2 ½ heures. L'EGM montre une extrasystole auriculaire, suivie de l'apparition de l'arythmie et de l'heure du passage en mode DDI. Le patient est resté en stimulation biventriculaire. L'EGM montre également le retour du rythme sinusal.

Commentaires

La fibrillation auriculaire est l'arythmie la plus fréquente chez les porteurs de défibrillateurs implantables et elle est associée à une augmentation de la morbidité et de la mortalité. L'optimisation de la prise en charge des patients qui présentent des épisodes de fibrillation auriculaire est l'un des principaux apports de la surveillance par télécardiologie. La fibrillation auriculaire est associée à deux risques principaux : 1) une mauvaise tolérance hémodynamique et 2) une augmentation des événements thromboemboliques. La télémédecine permet un diagnostic précoce de l'arythmie, en particulier lorsque les épisodes sont asymptomatiques, permet de confirmer le diagnostic et d'en éliminer d'autres, tels que la diaphonie ou la surdétection du bruit par la sonde auriculaire, et permet d'adapter le traitement médical antiarythmique et d'initier rapidement l'anticoagulation.

Le rapport de télémédecine indique la charge de fibrillation auriculaire et le nombre d'épisodes de changement de mode, et fournit des histogrammes, des graphiques de fréquence auriculaire et ventriculaire, et le pourcentage de stimulation. L'enregistrement de l'EGM commence quelques secondes avant l'épisode et se termine après sa fin, révélant le déclencheur (extrasystole auriculaire), confirmant le diagnostic précis posé par l'appareil et le retour au rythme sinusal. Chez ce patient en bloc auriculo-ventriculaire complet, les épisodes d'arythmie auriculaire étaient asymptomatiques, la fréquence ventriculaire restant normale. La survenue d'épisodes subcliniques d'arythmie auriculaire augmente le risque d'accident vasculaire cérébral et d'embolie systémique. Chez ce patient, la télémédecine a permis un diagnostic précoce et la mise en place rapide d'un traitement anticoagulant et antiarythmique, alors qu'avec un suivi classique en face à face, ce traitement n'aurait été mis en place que des semaines ou des mois plus tard.

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