Salve d'ATP en zone de FV - Autogen ICD

 

Patient

  • homme de 72 ans avec myocardiopathie dilatée ; implanté d'un défibrillateur double chambre Autogen

 

Résumé

  • épisode classé en zone de FV
  • ATP en zone de FV
  • 2 chocs électriques de 41 Joules

 

Tracé EGM

  1. rythme sinusal
  2. TV monomorphe et régulière détectée en zone de FV
  3. détection initiale satisfaite pour la zone de FV (8 cycles sur 10 dans la zone de FV) ; début de la durée initiale de la zone de FV (1 seconde)
  4. détection d'un épisode de FV (V-Detect) ; la fréquence ventriculaire mesurée sur les 4 cycles précédant le marqueur V-Detect est inférieure à 250 battements/minute (229 bpm)
  5. ATP Quick Convert : burst de 8 stimuli à fréquence fixe (couplage identique entre le dernier cycle détecté et le premier cycle stimulé puis entre les différents stimuli)
  6. le premier cycle atrial et ventriculaire qui suivent l'ATP ne sont pas comptabilisés (-)
  7. le dispositif analyse l'efficacité de la séquence de stimulation : les 2 premiers cycles sont considérés comme lents (VS) ; le critère 2 cycles /3 lents est donc satisfait et la charge des condensateurs est annulée (dvrt)
  8. fin de l'épisode (marqueur V-EpsdEnd)
  9. redémarrage de l'arythmie ventriculaire
  10. ATP Quick Convert (burst de 8 stimuli à fréquence fixe)
  11. le premier cycle atrial et ventriculaire qui suivent l'ATP ne sont pas comptabilisés (-)
  12. le dispositif analyse l'efficacité de la séquence de stimulation : les 2 premiers cycles sont considérés comme rapides (VF-VT) ; le critère 2 cycles /3 rapides est donc satisfait et la charge des condensateurs débute (Chrg)
  13. fin de charge, fenêtre de déviation de 500 ms ; choc sur le second cycle rapide
  14. choc efficace et retour sinusal
  15. récidive d'une TV identique avant le critère de fin d'épisode (30 secondes après que le choc a été délivré)
  16. fin de la durée ; même si la fréquence est inférieure à 250 bpm, la séquence d'ATP en zone de FV ne peut pas être délivrée (1 seule séquence pour un même épisode, l'épisode en cours n'étant pas terminé)
  17. charge des condensateurs
  18. choc électrique et réduction de l'arythmie


Message à retenir

  • même si d'évidence, délivrer un choc électrique lors d'un épisode de fibrillation ventriculaire constitue la seule thérapie susceptible de rétablir un rythme viable pour le patient, une programmation optimale doit permettre de réduire au maximum le nombre de chocs délivrés (inappropriés ou appropriés mais évitables) par le dispositif
  • un choc est douloureux quand il est délivré chez un patient conscient et augmente sensiblement la consommation énergétique ; la succession de plusieurs chocs pour un même patient est donc associée avec un risque d'usure prématurée des batteries et avec une altération sensible de la qualité de vie (nombreux cas décrits de dépression ou d'anxiété induites par une série de chocs)
  • un choc électrique endocavitaire s'accompagne de lésions myocardiques microscopiques, d'une augmentation des marqueurs humoraux cardiaques (troponine, CPK, myoglobine) et de lésions macroscopiques d'autant plus importantes que l'énergie délivrée est élevée (baisse momentanée de la fraction d'éjection ventriculaire gauche et du débit cardiaque particulièrement chez les patients avecctilité déjà altérée)
  • une corrélation significative a été retrouvée entre mortalité et nombre de chocs délivrés (notion d'effet paradoxal du choc) ; dans les études Sudden Cardiac Death in Heart Failure Trial (SCD-HeFT) et MADIT II et dans une méta-analyse de 4 grandes études, les patients ayant reçu un ou plusieurs chocs électriques appropriés ou inappropriés présentaient une mortalité significativement augmentée ; la cause principale de décès après la survenue des chocs était une aggravation de l'insuffisance cardiaque ; à l'opposé, dans cette méta-analyse, délivrer une ou plusieurs séquences de stimulation anti-tachycardique n'altérait pas le pronostic
  • la question de savoir si les chocs électriques sont réellement des facteurs prédictifs indépendants de mortalité ou un simple marqueur de sévérité de l'état clinique du patient, reste toujours controversée ; il est toutefois aujourd'hui recommandé (classe I) de privilégier une tentative de réduction en première intention par stimulation anti-tachycardique jusqu'à des gammes de fréquence relativement élevées (230 battements/minute) ; les chocs électriques ne sont proposés qu'en seconde intention après échec de la ou des séquences de stimulation anti-tachycardique sauf si la stimulation s'est avérée inefficace ou délétère (accélération de l'arythmie) ; en effet, délivrer une séquence de stimulation anti-tachycardique en zone de FV est souvent efficace, indolore, permet de réduire l'usure des batteries, permet d'améliorer la qualité de vie et n'altère pas le pronostic
  • l'étude PainFree II a démontré l'efficacité de la stimulation anti-tachycardique sur des tachycardies entre 188 et 250 battements/minute pour réduire le nombre de chocs délivrés (moins 71% du risque relatif) sans augmentation significative du risque de syncope ou de mort subite ; les études Prepare et Relevant ont confirmé ces résultats
  • il est recommandé de programmer un burst plutôt qu'une rampe (classe I) pour optimiser le taux de succès (ratio entre réduction et accélération)

 

Une fois que le burst a été délivré, le dispositif analyse le rythme : si l'arythmie persiste, début de la charge des condensateurs ; si l'arythmie s'est arrêtée, la charge ne débute pas. Le dispositif utilise les critères suivants pour évaluer l'efficacité du burst :

  • le premier cycle suivant le burst n'est pas comptabilisé ; si, une asystolie de 2 secondes (pas de ventricule détecté) est observée, le traitement par choc est dévié (pas de charge) et le dispositif passe en redétection
  • si 2 intervalles sur 3 après le burst sont plus rapides que le seuil de fréquence le plus bas (limite de la zone de détection programmée la plus basse), l'arythmie est considérée comme persistante et la charge commence
  • si 2 intervalles sur 3 sont lents, le traitement par choc est dévié (pas de charge) et le dispositif passe en redétection

 

Cette figure détaille le fonctionnement de l'algorithme Quick Convert (stimulation anti-tachycardique en zone de FV)

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