Discrimination précise de la tachycardie sinusale par un DAI double chambre

Patient

Homme de 61 ans implanté avec un DAI Lumax 740 DR-T double chambre pour une cardiomyopathie ischémique avec fraction d'éjection altérée ; rapport d'événement (couleur jaune) dans le cadre d'un SVT classifié.



Tracé

4 canaux sont disponibles : les marqueurs avec les intervalles de temps, le canal de choc (FF : champ lointain) entre la bobine ventriculaire et le générateur d'impulsions, le canal de détection auriculaire (A) et le canal de détection ventriculaire droit (RV).

  1. tachycardie dans la zone TV1 avec un rapport atrio-ventriculaire de 1:1 ; les événements ventriculaires sont classés comme Tsin (tachycardie sinusale) ;
  2. Classification SVT dans le bras PP=RR ; PP moyenne à la classification initiale 379 ms, RR moyenne à la classification initiale 379 ms ; rythme stable, avec mesure du critère de stabilité à 2 ms pour un seuil programmé de 24 ms ; intervalles PP stables ; intervalle PR stable sans changement monotone ; dans ce cas, le critère d'apparition soudaine n'est pas rempli (mesuré à 1% pour un seuil programmé de 20%, le diagnostic posé par l'appareil est donc celui de SVT (tachycardie sinusale) ;
  3. ralentissement progressif de la fréquence cardiaque à la fin de l'effort et sortie de la zone TV1 (intervalles VS).

Commentaires

La grande majorité des tachycardies 1:1 sont d'origine supraventriculaire (tachycardie sinusale, tachycardie auriculaire 1:1). Les TV à conduction rétrograde 1:1 ne constituent que 10% de ces tachycardies. Cet épisode correspond à une tachycardie sinusale discriminée avec précision.

Comme expliqué précédemment, la première étape de discrimination lors de la programmation de l'algorithme SMART est une comparaison entre les fréquences ventriculaires et auriculaires. Dans cet exemple, les deux rythmes sont strictement identiques (colonne RR=PP). L'appareil analyse la stabilité des intervalles RR et considère dans cet exemple que le rythme ventriculaire est stable suivi de la stabilité des intervalles PP qui est également jugée stable (différence entre un intervalle auriculaire et les trois intervalles précédents ne dépassant pas la valeur programmée).

Lorsque les rythmes auriculaires et ventriculaires sont stables et similaires, différentes arythmies peuvent coexister (double tachycardie, TV avec conduction rétrograde et tachycardie sinusale). Différents paramètres sont analysés pour discriminer ces arythmies :

  1. variation monotone de l'intervalle PR : lorsque les rythmes auriculaires et ventriculaires sont considérés comme stables et identiques, l'appareil recherche une évolution des intervalles PR selon un profil caractéristique. Les intervalles PR sont qualifiés de monotones si sur une fenêtre glissante de 4 intervalles, les intervalles PR augmentent ou diminuent les uns par rapport aux autres de façon constante (AV n < AV n-1 < AV n-2 AV n-1 > AV n-2 > AV n-3) indiquant la présence d'une dissociation auriculo-ventriculaire. En effet, s'il existe une tendance en termes d'intervalle PR (s'il y a un allongement ou un raccourcissement progressif de l'intervalle PR mesuré par l'appareil), les rythmes auriculaires et ventriculaires ont certes un rythme similaire mais peuvent être considérés comme indépendants. La différence faible mais constante entre les deux rythmes induit une variation régulière de l'intervalle PR et l'appareil conclut à une double tachycardie ;
  2. si, comme dans cet exemple, les rythmes auriculaires et ventriculaires sont stables sans variation monotone de l'intervalle PR, l'algorithme utilise le critère d'apparition (même opération que celle décrite pour les appareils à chambre unique) pour différencier la TV de la conduction rétrograde 1:1 (apparition brutale) et de la tachycardie sinusale (apparition progressive comme dans cet exemple). Les intervalles classés comme tachycardie sinusale sont étiquetés SinusT et décrémentent le compteur de TV de -1/4.
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