Généralités délai AV et périodes réfractaires
Généralités
1. Retard auriculo-ventriculaire
Dans un stimulateur cardiaque double chambre, le délai AV détermine l'intervalle de temps maximum entre un événement auriculaire et la stimulation ventriculaire prévue. Cet intervalle correspond à l'équivalent électronique de l'intervalle PR.
Il existe des délais AV distincts pour les événements auriculaires stimulés et détectés.
Ces intervalles sont programmés pour assurer une coordination mécanique parfaite entre les oreillettes et les ventricules, que l'oreillette soit détectée ou stimulée. La durée de ces intervalles peut être programmée sur une large plage, fixe ou adaptative, et est influencée par un grand nombre d'algorithmes.
Délai AV stimulé
Le délai AV stimulé est appliqué après la stimulation auriculaire lorsque le stimulateur fonctionne en modes DDD, DDI, DVI et DOO.
Retard AV détecté
Le délai AV détecté est appliqué à la suite d'un événement auriculaire détecté lorsque le stimulateur fonctionne en mode de stimulation auriculaire synchronisée (DDD et VDD).
Réglage du délai AV
Le délai AV qui permet d'obtenir une hémodynamique optimale varie considérablement d'un patient à l'autre. Un réglage précis du délai AV doit garantir que la relation temporelle entre l'oreillette gauche et le ventricule gauche reste constante et que la systole auriculaire gauche s'achève avant le début de la systole ventriculaire gauche.
La programmation permanente de longs délais AV (risque accru de PMT et de stimulation dans une période vulnérable de VSE non détectée dans le blanking ventriculaire post-atrial, mauvais résultats hémodynamiques avec fusion des ondes E et A) chez des patients non dépendants pour favoriser la conduction spontanée peut être évitée aujourd'hui grâce à l'utilisation de modes spécifiques précédemment décrits (MVP, AAI-SafeR...).
Si le patient est dépendant (bloc auriculo-ventriculaire complet), la valeur moyenne du retard AV optimal détecté au repos est d'environ 110 ms.
Différence entre les retards AV stimulés et détectés
Le délai AV optimal détecté est plus court que le délai AV optimal stimulé pour un certain nombre de raisons :
- l'onde P n'est jamais détectée au tout début de l'onde P de surface, mais lorsque l'onde de dépolarisation auriculaire passe sous l'électrode. Ce moment est souvent plus tardif que l'apparition de l'onde P sur l'ECG de surface.
- lorsque l'onde P est stimulée, le temps de conduction entre les oreillettes droite et gauche est allongé.
- la différence entre les retards AV détectés et stimulés dépend de la position de la sonde dans l'oreillette droite : en moyenne 30 ms si la sonde est inter-atriale, 50 ms si elle est dans l'oreillette, 70 ms à la partie haute du bord de l'oreillette droite et 90 ms si elle est latérale basse. Ces valeurs sont des moyennes, et en théorie la programmation doit être adaptée à chaque individu. Ces différences sont souvent plus importantes en cas de trouble conductif intra- et/ou inter-auriculaire.
- cette différence varie peu avec l'effort, avec une tendance au raccourcissement sous l'influence des catécholamines qui réduisent le temps de conduction inter-atriale. En cas de trouble conductif inter-atrial important, cette différence peut augmenter à l'effort. En pratique, cette valeur peut rester fixe dans toute la plage de variation de fréquence programmée.
Retard AV adaptable
Physiologiquement, l'intervalle PR se raccourcit pendant l'exercice, en moyenne de 4 ms pour chaque 10 battements d'accélération de la fréquence. L'adaptation du délai AV est conçue pour reproduire ce phénomène physiologique, et la même variation est appliquée au délai AV détecté qu'au délai AV stimulé.
Les spécificités du délai AV adaptable seront traitées dans le chapitre sur le réglage du stress.
2. Périodes réfractaires en mode inhibé (DDI) ou déclenché (DDD)
Périodes réfractaires d'un stimulateur cardiaque à chambre unique
La période réfractaire est un intervalle suivant la stimulation ou la détection d'un événement dans la cavité implantée, pendant lequel le stimulateur cardiaque, fonctionnant en mode inhibé (SSI) ou déclenché (SST), n'est pas recyclé.
Sur un stimulateur fonctionnant en mode VVI, la première partie de la période réfractaire est une période de suppression programmable. Cette période réfractaire garantit que le stimulateur n'est pas recyclé lors de la détection du postpotentiel de stimulation ventriculaire et de l'onde T de repolarisation.
La période réfractaire est généralement fixée entre 220 et 350 ms.
Une valeur trop courte favorise la surdétection, ce qui entraîne un recyclage de l'intervalle d'échappement et une baisse de la fréquence de stimulation. Si la valeur programmée est trop longue, des extrasystoles ventriculaires peuvent être manquées et tomber dans la période réfractaire. Dans ce cas, à la fin de l'intervalle de stimulation, il y a un risque d'apparition d'un stimulus dans l'onde T de l'extrasystole.
Sur un stimulateur cardiaque fonctionnant en mode AAI, la première partie de la période réfractaire est une période de suppression programmable. La période réfractaire doit éviter d'être recyclée par une onde R observée dans l'oreillette (diaphonie ventriculo-atriale). Sa valeur doit couvrir l'intervalle AR (entre le stimulus atrial et l'onde R), qui est plus long que l'intervalle PR. Cependant, elle ne doit pas être trop longue pour assurer la détection atriale jusqu'à la fréquence maximale contrôlée par les capteurs.
Périodes réfractaires d'un stimulateur cardiaque à double chambre
La stimulation auriculaire ou ventriculaire déclenche des blankings ou des périodes réfractaires différents dans la cavité considérée, mais aussi dans l'autre cavité afin d'éviter les écoutes croisées.
Deux types de périodes réfractaires sont mis en place :
- les périodes de suppression désactivent la détection pour un intervalle programmable ou non, et protègent contre :
- potentiels de post-stimulation dans chaque chambre ;
- l'écoute croisée atrio-ventriculaire ou ventriculo-atriale ;
- des périodes réfractaires où les événements détectés sont pris en compte pour le diagnostic de l'arythmie et pour le fonctionnement de divers algorithmes, mais ne recyclent pas certains intervalles de synchronisation.
Les périodes réfractaires sont conçues pour empêcher que certains intervalles de synchronisation ne soient recyclés par la détection de signaux incorrects tels que des ondes P rétrogrades, des ondes R distantes ou des interférences électriques.